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NEWSLETTER N° 27 - Juin 2020
L’épidémie de Covid-19 touche durement le monde dentaire et nous avons voulu savoir comment les chirurgiens-dentistes ont vécu la période de confinement et de fermeture de leur cabinet, dans quelles conditions se déroule la reprise d’activité et quelles seront pour eux les conséquences de cette crise exceptionnelle.

Pour cela, nous avons procédé à un sondage via un questionnaire numérique envoyé le mardi 9 juin par mail. Nous avons reçu près de 450 réponses en moins de 2 jours ! Le sujet est bien au cœur des préoccupations actuelles des praticiens dentaires, voici les principaux enseignements de cette enquête ...
La fermeture des cabinets dentaires, une décision nécessaire, oui mais…

Les trois quarts des praticiens interrogés estiment que cette décision de fermeture des cabinets dentaires à compter du 16 mars était justifiée et logique, étant donnée la situation épidémiologique de la France à ce moment-là. Certains font tout de même remarquer que ces fermetures des cabinets dentaires auraient pu être assouplies dans les zones géographiques où le virus état peu actif.

Cependant une proportion non négligeable émet des réserves. En effet cette décision nécessaire aurait pu être évitée si les pouvoirs publics et les instances sanitaires avaient anticipé le risque potentiel d’une épidémie en disposant de stocks nécessaires en EPI.

Exposés parfois à des virus parfois bien plus dangereux que le Covid-19, les chirurgiens-dentistes ont une excellente pratique des mesures de protection sanitaire et auraient très bien pu, avec les masques FFP2, des sur-blouses, du liquide hydro-alcoolique, ... et en adaptant leur organisation, faire face à la situation sans mettre en danger leurs patients et eux-mêmes.

Certains commentaires démontrent même une certaine amertume et des regrets de ne pas avoir pu pleinement jouer leur rôle en tant que profession médicale pendant cette crise et d’être ainsi « sortis du jeu » par cette décision. Regrets d’autant plus vifs pour certains que ses conséquences en matière économique sont lourdes, comme nous le verrons.
"Si nous avions eu des masques FFP2 dés le 16 mars, il n'aurait pas été utile de fermer les cabinets dentaires, nous aurions pu soigner nos patients selon les mêmes protocoles qu'à l'heure actuelle. Cela aurait évité cette crise économique car nous protéger et protéger nos patients n'est pas quelque chose de nouveau pour nous à condition d'avoir les EPI nécessaires ..."
Le rôle des autorités, des tutelles et des institutionnels pendant la crise

Globalement leur accompagnement a été jugé suffisant par 60% des praticiens dentaires avec des « bons points » attribués à la CPAM dont l’aide a été appréciée et en a même surpris certains. Le secteur bancaire avec les emprunts PGE et les syndicats de praticiens en négociant des soutiens financiers ont été aussi utiles pour tenir le choc économique.

Les jugements sont ensuite plus pondérés selon les régions et les départements concernant les URPS, les Ordres départementaux, ou le soutien des villes. Les réserves sont plus nettes encore concernant les Assurances qui n’ont pas toujours apporté le soutien attendu et les ARS plutôt absentes au pic de l’épidémie. Enfin, une bonne part regrette que la « voix » des chirurgiens-dentistes n’ait guère été entendue pendant la crise et trouve que la profession a été bien absente dans les médias, une fois les cabinets fermés.
La réouverture et l’activité des cabinets dentaires depuis le 11 mai

98% des cabinets dentaires ont rouvert depuis la fin du confinement total ! La réactivité de la profession a été spectaculaire après 2 mois d’inactivité.

L’adaptation de l’organisation des cabinets au nouveau protocole sanitaire très strict, préparés par le Conseil de l’Ordre, a été extrêmement rapide et efficace, démontrant ainsi la compétence de la profession sur ces questions de protection sanitaire. 80% des praticiens l’ont d’ailleurs jugé adapté à la situation, même s’il est très contraignant.

Mais c’est bien là que le bât blesse et les conséquences sur l’activité des cabinets de ce nouveau protocole sanitaire sont lourdes. Près des trois quarts des chirurgiens-dentistes prévoient que leur activité sera comprise entre seulement 50 et 75% durant les 2 prochains mois par rapport à la normale. La réduction de l’activité provient bien entendu des règles et protocoles sanitaires destinés à enrayer l’épidémie de Covid-19 et qui en particulier imposent un quart d’heure d’intervalle entre 2 patients pour désinfecter et aérer l’espace. Certains contournent cette contrainte en disposant d’un second fauteuil, mais il s’agit d’une petite minorité. D’autres augmentent l’amplitude d’ouverture du cabinet, imposant un surcroît de temps de travail.
"Énorme diminution d’activité et hausse des investissements de protection ..."
L’économie en difficulté des cabinets dentaires

Les conséquences économiques sont évidentes et les cabinets dentaires voient leur rentabilité disparaître entre d’une part l’accroissement des dépenses avec l’achat de matériels et de consommables supplémentaires de protection, et d’autre part une baisse de leur activité du fait du changement d’organisation du cabinet pour respecter le protocole sanitaire.

Cet « effet de ciseaux » va entraîner des difficultés financières pour 70% des cabinets dentaires dans les prochains mois, et dans 15% des cas, elles vont les mettre en grande difficulté. L’impact sur leurs investissements dans le cabinet sera également sensible en 2020.

Face à ces difficultés économiques, les praticiens dentaires sont une majorité (55%) à juger que les aides et soutiens financiers à la profession sont aujourd’hui insuffisants. Les demandes se portent en majorité vers une revalorisation de la prise en charge des actes en tenant compte des surcoûts entraînés par le fonctionnement au ralenti et les surcoûts imposés par le protocole sanitaire renforcé. Ce sont ces revendications que portent logiquement la plupart des syndicats professionnels. Qu’en sera-t-il de la position des pouvoirs publics ?
A quand la reprise d’une activité normale ?

La prudence règne concernant la date d’une reprise d’activité normale dans les cabinets dentaires. Près d’un quart des praticiens interrogés ne se livrent à aucune prévision. Bien entendu elle dépend de l’évolution de l’épidémie et de l’assouplissement éventuel du protocole sanitaire.

Pour ceux qui expriment une opinion, les praticiens se divisent en deux, pour une moitié en prévoyant un retour à la normale d’ici la fin de l’année, voire même dès le mois de septembre, et pour l’autre à n’envisager au mieux qu’en 2021, la reprise d’une activité normale. Perspective bien lointaine pour une profession qui a été déjà très éprouvée ces deux dernières années par les réformes structurelles, les événements sociaux et cette crise épidémique. La très forte régression de l’activité du virus Covid-19 depuis le début du mois de juin laisse quand même présager une accélération de ce processus de retour à la normale.

Souhaitons-le pour nous tous !
L’actualité a été féconde ces 12 derniers mois concernant la prévoyance et la retraite pour les professions libérales avec l’éventuelle future réforme des retraite, la loi Pacte ou encore les critères de choix d’un bon contrat de prévoyance.

Quel bilan peut-on en dresser sur la mutation récente du marché de la protection sociale ? Mathieu Lepage du cabinet ActivConseil vous propose de l’analyser dans l’article que vous pourrez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous. A lire, si vous êtes concerné.
L’actualité a été féconde ces 12 derniers mois concernant la prévoyance et la retraite pour les professions libérales avec l’éventuelle future réforme des retraite, la loi Pacte ou encore les critères de choix d’un bon contrat de prévoyance.

Quel bilan peut-on en dresser sur la mutation récente du marché de la protection sociale ? Mathieu Lepage du cabinet ActivConseil vous propose de l’analyser dans l’article que vous pourrez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous. A lire, si vous êtes concerné.
Prévoyance - retraite
Salon Dental Forum : nouvelles dates, du 28 au 30 octobre 2020
Le rendez-vous traditionnel de tous les laboratoires de prothèse et de leurs partenaires, le Dental Forum qui se tenait traditionnellement au printemps, a été exceptionnellement reprogrammé du 28 au 30 octobre 2020, à cause de la crise épidémique du Covid-19.

Le lieu de l’événement lui ne change pas et il se tiendra au Parc Floral de Paris Vincennes.

Une bonne occasion de faire le point sur la profession, les techniques, les matériels, les matériaux pour assurer une reprise d’activité dynamique !


31 milliards d’euros, le déficit estimé de l’Assurance Maladie en 2020 d’après une étude de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale (CCSS) parue le 16 juin.
Dire qu’un retour à l’équilibre était pronostiqué en début d’année !
+4,2%, la hausse des revenus professionnels des chirurgiens-dentistes en 2018 d’après la caisse de retraite (CARCDSF), estimation du même ordre pour 2019 d’après la CCSS. Suffisant pour amortir les très fortes baisses à venir en 2020 ?
40%, la proportion des soins dentaires facturés sans reste à charge selon Carte Blanche sur les 2 premiers mois de l’année. Le même taux était de 28% en 2019.
Une claire montée en charge du marché 100% santé.
815 millions d’euros, le surcoût estimé par la Cour des Comptes en 2023, engendré par la nouvelle convention de remboursement des frais dentaires.
Un mieux à venir pour les revenus professionnels dans les prochaines années….